Devrions-nous installer un chauffe-eau solaire à Paris ?

En résumé
Lors d’une rénovation énergétique, un chauffe-eau solaire implique l’installation de panneaux solaires thermiques et d’un ballon d’eau chaude. Ce système, malgré un coût initial élevé, offre des économies d’énergie sur le long terme. Il nécessite une évaluation minutieuse des contraintes d’espace, des coûts et des conditions locales.

Au cours d’un projet de rénovation énergétique, il est possible de changer le système de chauffage et d’eau chaude sanitaire d’un immeuble. Un des systèmes de production d’eau chaude sanitaire qui peut être proposé à la copropriété est le chauffe-eau solaire.

  • Le matériel nécessaire à l’installation d’un chauffe-eau solaire

L’installation d’un chauffe-eau solaire implique l’installation de panneaux solaires thermiques (et non photovoltaïques, qui sont eux, un autre type de panneau solaire) et d’un réseau de canalisations entre le ballon d’eau chaude et les panneaux. En effet, l’énergie solaire est captée par les panneaux et réchauffe un fluide qui restitue, à l’aide d’échangeurs, la chaleur au ballon d’eau chaude.  Ce système permet de fournir de l’eau chaude sanitaire (dite “ECS”) de façon collective.


Circuit complet d’un chauffe-eau solaire (Source : Selectra) 

Le ballon d’eau chaude stocke une certaine quantité d’eau chaude et se remplit d’eau froide quand il est terminé. La quantité d’eau chaude disponible pour la copropriété  se limite à la capacité du ballon d’eau. Elle est choisie selon les besoins en eau chaude journaliers de l’ensemble des habitants du bâtiment, par le bureau d’étude thermique (BET). 

Par exemple, pour une copropriété de 4 étages avec 4 logements par étage et des foyers de 2 personnes, le BET peut proposer un système avec un ballon d’une capacité d’environ  4 x 4 x 2 x 60 = 1920 L.


Besoin en eau chaude selon le type d’habitat et le nombre de personnes par foyer (Source : ADEME)

Afin d’anticiper un manque d’eau chaude dans le cas où le stock d’eau chaude du ballon se vide, le BET peut par exemple recommander l’ajout d’un second chauffe-eau électrique instantané (ou un autre système d’appoint), qui sera chauffé par de l’électricité. Ce chauffe-eau peut pallier le manque d’eau chaude, en chauffant instantanément mais seulement en petites quantités et en débit faible. L’installation de cet appareil supplémentaire n’est pas obligatoire, elle assure seulement les copropriétaires en eau chaude en continu, s’ils le souhaitent. 

Ainsi, l’installation d’un chauffe-eau solaire implique l’installation de plusieurs appareils, les coûts associés et l’espace adéquat. 

  • La surface de panneaux solaires thermiques nécessaire et leur coût

Pour chauffer le ballon d’une capacité d’environ 1920 L pour cette copropriété de 16 logements de 2 habitants à Paris, il faudra une surface de panneaux solaires thermiques de l’ordre de 65 m2 afin de couvrir totalement les besoins en eau chaude (d’après une étude menée sur solo2018.tecsol.fr). Cette surface dépendra du panneau choisi mais cet ordre de grandeur sera conservé. Il faut donc avoir cet espace disponible sur son toit à Paris (en plus de l’espace pour stocker le ou les ballons d’eau chaude). 

 

De plus, si l’on souhaite utiliser l’énergie solaire également pour le chauffage des logements, il faudra installer un plancher chauffant, seul système de chauffage compatible avec les panneaux solaires thermiques.

 

En termes de coûts, un panneau solaire thermique a un coût de 400 à 2000  €/m2 et le ballon associé a un coût compris entre 5000 et 8000€ (pose et installation comprises).

Concernant la durée de vie de ce système, les panneaux solaires thermiques ont une durée de vie comprise entre 10 et 30 ans selon le panneau. Noter que leur rendement peut diminuer progressivement jusqu’à 15 %, pour les panneaux actuellement proposés sur le marché.


  • Comparaison de trois systèmes de chauffage dans une copropriété :


Afin de mieux comprendre l’économie d’énergie annuelle, voici une comparaison de trois systèmes : ballon électrique privatif pour l’eau chaude sanitaire individuelle, ballon électrique collectif pour alimenter une copropriété entière et  chauffe-eau solaire:

 

Pour une copropriété de 16 logements et 2 personnes par logement, le coût de l’installation d’un chauffe-eau solaire est plus élevé que l’installation d’un ballon électrique collectif ou d’un ballon électrique privatif par logement. Cependant, ce “surcoût” dû à l’installation d’un chauffe-eau solaire sera amorti en 6 ans grâce à une économie d’énergie de 3700 €/an par rapport aux ballons électriques. 

Ainsi, à partir de la 6ème année, il y aura cette économie de 3700 € chaque année sur la facture d’énergie, comparé à si le choix du système de chauffage s’était porté sur les ballons électriques.

Conclusion :

Le choix de l’installation d’un chauffe-eau solaire à Paris dépendra des caractéristiques spécifiques du bâtiment de la copropriété. Pour les propriétaires disposant de l’espace adéquat et prêts à investir dans une solution énergétique durable à long terme, le chauffe-eau solaire peut être une option attrayante.

Cependant, il est important de tenir compte des contraintes liées à l’espace, aux coûts initiaux et aux conditions météorologiques locales. En fin de compte, un chauffe-eau solaire peut contribuer à réduire l’empreinte environnementale tout en offrant des économies d’énergie substantielles, l’énergie solaire étant “gratuite”, mais il convient de faire une évaluation minutieuse de tous les éléments cités avant de se lancer dans ce projet.

5/5 - (1 vote)

Vous pourriez également être intéressés par :

Grand Lyon : aides à la rénovation énergétique

La Métropole de Lyon propose plusieurs dispositifs et aides pour soutenir la rénovation énergétique. L’ALEC Lyon fournit un premier niveau d’accompagnement gratuit. Le dispositif Écoréno’v propose des subventions à chaque étape du projet. Des aides supplémentaires sont également proposées par la Métropole de Lyon et certaines villes.

Lire l'article »

Cahier des charges maîtrise d’Oeuvre de l’APC

Lorsqu’un DTG est terminé, et que la copropriété veut poursuivre un projet de rénovation énergétique, elle engage un maître d’oeuvre pour réaliser des études de conception. En région parisienne, ces études peuvent être subventionnées par la Métropole du Grand Paris à hauteur de 10 000€. Pour bénéficier de la subvention, le maître d’oeuvre doit respecter un cahier des charges précis qui définit les différentes étapes des études, et qui inclut la présence d’une étude énergétique justifiant du gain énergétique.

Lire l'article »

Quelles sont les grandes étapes d’une rénovation énergétique ?

Une rénovation énergétique se décompose en 4 étapes clés : l’audit énergétique ou DTG pour définir le potentiel de l’immeuble, les études sommaires puis détaillées pour être en mesure de faire chiffrer des entreprises, et le vote des travaux en Assemblée Générale ! Dorêka, en tant qu’AMO, peut vous accompagner à chaque étape.

Lire l'article »