Les parois froides

En résumé
Les anciens bâtiments parisiens cachent un problème invisible mais nuisible : les parois froides. Elles provoquent inconfort thermique, condensation, moisissures et pertes d’énergie. Quels sont les moyens de surmonter ces défis et de transformer ces lieux en espaces confortables et économes en énergie ?

Les parois froides sont un phénomène fréquent dans les bâtiments résidentiels mal isolés. La ville de Paris est particulièrement touchée par ce problème, car de nombreuses copropriétés ont été construites il y a jusqu’à deux siècles, à une époque où l’isolation thermique des bâtiments n’était pas une priorité.

Pour connaître l’ancienneté de votre bâtiment, vous pouvez vous servir de la cartographie suivante donnant les années de construction des bâtiments parisiens :


Carte des années de construction des bâtiments parisiens (Source : https://www.comeetie.fr/galerie/BatiParis/#12/48.8589/2.3491 )

Toutes les zones bleues sur cette carte sont constituées de bâtiments construits avant 1975.

Si votre bâtiment est dans ces zones, il y a de fortes chances qu’il ne soit pas isolé et qu’il y ait donc un phénomène de parois froides. En effet, c’est seulement en 1974, que la réglementation thermique (RT1974) impose l’installation d’une isolation thermique lors de la construction de bâtiments en France.

  • La paroi froide et ses conséquences

  • Définition de la paroi froide

Une paroi froide est une surface dans un bâtiment qui a une température sensiblement plus basse que l’air ambiant de la pièce. En hiver, elle est en général en contact avec l’air extérieur, beaucoup plus froid que l’air intérieur. Les conséquences de l’existence d’une paroi froide sont multiples et elles sont présentées dans les paragraphes suivants.

  • 1ère conséquence : un inconfort thermique 

Les parois froides peuvent créer une sensation d’inconfort thermique pour les occupants. Alors, en hiver, lorsqu’il fait froid, si l’on chauffe la température de l’air en intérieur à 20°C (température considérée comme celle du confort thermique), la température ressentie sera bien inférieure. 

Par exemple, s’il fait 0 °C à l’extérieur, la température ressentie peut être de 15°C dans une pièce chauffée à  20°C. Ceci est dû à la perte de chaleur de l’air chaud au contact de surfaces (les murs extérieurs) plus froides que lui. Une partie de la chaleur produite par un système de chauffage (20%)  à l’intérieur du bâtiment, s’échappe à travers les murs extérieurs.

  • 2ème conséquence : un risque de condensation et de développement de moisissures 

L’air contient de l’eau sous forme gazeuse et plus la température baisse, plus la vapeur d’eau de l’air se transforme en eau liquide. L’eau passe de l’état gazeux à liquide : c’est la condensation.

Dans un bâtiment, lorsque l‘air chaud de l’intérieur d’une pièce entre en contact avec une surface froide, il se condense progressivement selon la température graduelle qu’il y a dans le mur depuis l’intérieur, vers l’extérieur.

Il y a alors de l’eau sur la paroi et à l’intérieur de celle-ci, conduisant à la formation de moisissures. 

Le schéma suivant illustre ce phénomène :


Schéma de condensation à travers un mur non isolé, aboutissant à un phénomène de paroi froide 

  • 3ème conséquence : des pertes d’énergie 

Les parois froides sont un signe de mauvaise isolation thermique. Elles indiquent souvent des ponts thermiques où la chaleur s’échappe plus rapidement, ce qui augmente les besoins en chauffage et donc la consommation d’énergie.

  • Comment remédier au problème des parois froides dans les bâtiments anciens ?

Les parois froides peuvent être causées par une mauvaise isolation, une mauvaise ventilation, des menuiseries peu isolantes, des matériaux de construction inadaptés ou des ponts thermiques (zones du bâti où l’isolation thermique est interrompue, par exemple au niveau des jonctions de murs).

Afin d’éviter les parois froides, voici quelques recommandations :

  • Améliorer l’isolation thermique

   – Améliorer l’isolation des murs, des toits et des planchers pour minimiser les différences de température entre les surfaces et l’air ambiant. Installer une isolation thermique par l’extérieur si possible, ou sinon par l’intérieur (en général moins performante que celle par l’extérieur) et choisir des isolants performants sont importants afin de faire disparaître le phénomène.

Afin de déterminer si un isolant est performant, vous pouvez lire la résistance thermique du matériau. La résistance thermique (noté R) est une grandeur qui représente la capacité d’un matériau à empêcher la diffusion de chaleur et se retrouve dans les audits énergétiques fournis par les bureaux d’études thermiques, pour décrire les isolants. Plus la résistance thermique R est grande, plus le matériau est isolant.

  • Ajouter un pare-vapeur

    – Ajouter un pare-vapeur dans la composition des murs extérieurs. Un pare-vapeur est un film parfaitement étanche qui protège de la vapeur. Ainsi, l’eau contenu dans l’air (qui se condense en eau liquide lors d’un écart de température entre l’intérieur et l’extérieur) ne traverse pas cet écran de protection et donc ne traverse pas le mur entier. Ainsi, on évite la formation de moisissures.

La pose d’un pare-vapeur s’avère aussi parfois nécessaire lors de l’utilisation de certains matériaux isolants tels que la laine minérale ou la cellulose, qui sont des matériaux absorbant l’eau comme une “éponge”. Le pare-vapeur permet alors d’éviter que l’humidité ne pénètre dans la couche d’isolation. Ceci est très important pour garantir le caractère isolant du matériau (la laine minérale ou la cellulose par exemple). Le pare-vapeur peut être aussi utile si les murs sont en bois par exemple, car ce matériau est très sensible à l’humidité et à la formation de moisissures.

  • Remplacer ses fenêtres

   – Installer des fenêtres à double ou triple vitrage avec des matériaux isolants pour réduire les pertes de chaleur. Pour déterminer la performance thermique de vos menuiseries, vous pouvez étudier les coefficients “Uw”, “Uf” ou “Ug” fournis dans les audits énergétiques ou dans les fiches techniques des fenêtres. Plus le coefficient est faible, mieux c’est.

Ces coefficients caractérisant les fenêtres peuvent aller du pire avec 6 W/(m2.K) pour un simple vitrage du début des années 70 à 0,5 W/(m2.K) pour le meilleur des triple vitrages renforcés.


Performance de différents vitrages de fenêtre (le verre simple est le moins performant et le verre “ultra-thermo-isolant” est le plus performant)

  • Installer un système de ventilation

   – Installer une ventilation mécanique contrôlée (VMC) afin d’assurer une bonne ventilation et réduire l’humidité intérieure. Une bonne ventilation diminue le risque de condensation sur les surfaces froides.

  • Eliminer les ponts thermiques

   – Employer des matériaux et des techniques de construction pour éliminer ou réduire les ponts thermiques. Les bureaux d’études structurels et thermiques peuvent vous guider sur ce sujet si vous souhaitez remédier aux ponts thermiques. Il existe des solutions techniques.

Conclusion :

Afin d’améliorer l’efficacité énergétique, le confort des occupants et la durabilité des bâtiments, traiter les parois froides est crucial. En prenant conscience des défis posés par les parois froides, notamment dans les bâtiments anciens comme ceux de Paris, il est possible d’adopter des mesures efficaces pour y remédier. L’amélioration de l’isolation thermique, l’installation de fenêtres performantes, l’installation d’une ventilation mécanisée et la réduction des ponts thermiques sont autant de solutions qui peuvent transformer un logement inconfortable en un espace de vie chaleureux et efficace énergétiquement.

Investir dans de telles améliorations conduit à un meilleur confort, permet d’éviter les moisissures dû à l’humidité et a également pour conséquence une diminution de la consommation énergétique. Ainsi, les factures énergétiques sont réduites, et c’est aussi un geste écologique. De plus, ces interventions augmentent la valeur des propriétés, rendant les investissements en efficacité énergétique rentables sur le long terme.

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